Sélectionner une page

Si vous voyagez pour la première fois au Canada et plus précisément au Québec, vous serez certainement étonnés de constater que le québécois est souvent bien différent du français des autres pays francophones.

C’est en général la première constatation que font les gens en arrivant dans la grande métropole d’Amérique du Nord : Montréal.

Et même si le Québec est une province francophone, il faut garder à l’esprit qu’elle a pour voisin le pays de l’oncle Sam.

De ce fait, la langue québécoise s’inspire grandement de l’anglais à travers des traductions de certains vocables et expressions, ainsi que d’anglicismes.

Origine de la langue québécoise

Le québécois est une belle mixture du français du 17e siècle et d’une grande influence de l’anglais des États-Unis d’Amérique. C’est pour cette raison qu’il est bien différent de la langue de Molière parlée en France ou dans d’autres pays francophones.

C’est à la suite de la fondation de la ville de Québec par Samuel de Champlain en 1608 que la langue française s’établit de façon permanente en Amérique du Nord.

Entre 1627 et 1663, quelques milliers de Français débarquèrent en Nouvelle-France (ville de Québec). C’est ainsi que plus de 1 250 immigrants provenant de plusieurs régions (la Normandie, l’Aunis, le Perche, la BretagneParis et l’Île-de-France, le Poitou, le Maine, la Saintonge et l’Anjou)  s’établirent au Canada français.

Les mots québécois les plus utilisés au Canada

Qui dit province du Québec, dit accent. Et si vous avez déjà entendu des Québécois parler, vous comprendrez certainement de quoi il s’agit !

Lorsque nous entendons pour la première fois cet accent si particulier, ça paraît assez spécial et amusant. À la longue, nous sommes inéluctablement conquis par cette prononciation tellement plaisante et attachante.

Certains mots se prononcent différemment de leur orthographe, comme « correct » pour qui on ne prononce pas le T, ça donne donc « correc » contrairement au mot « bout » pour lequel le T est prononcé, on dit alors « boute ». Ou alors « party » qui se prononce « parté » et qui veut dire fête : je suis invité à un party samedi soir. Il y a aussi « chum » qui se prononce « tchom » et qui signifie pote, ami, copain.

Certains mots sont très utilisés dans la vie de tous les jours :

  • Une bibite         bébête ;
  • Bienvenue        de rien ;
  • Les bobettes    culotte ou slip ;
  • Magasinage      faire les magasins ou du shopping ;
  • Le dépanneur l’épicier du coin ;
  • À tantôt             à plus tard ;
  • I citte                   ici ;
  • Faque                ça fait que, donc ;
  • À date                 jusqu’à maintenant ;
  • Frette                 frais ;
  • Gazer                  mettre de l’essence ;
  • Une laveuse     lave-linge ;
  • Une sécheuse sèche-linge ;
  • Une liqueur      boisson gazeuse sucrée. Par conséquent, au Québec, les enfants ont droit de boire des liqueurs ! ;
  • Allo                      salut ;
  • Bon matin         bonjour ;
  • Déjeuner           petit déjeuner ;
  • Dîner                   déjeuner. À ce propos, si vous êtes au Québec et que vous invitez quelqu’un pour le dîner (repas du soir) et que vous lui dites « je t’invite pour le dîner » attendez-vous à ce qu’il débarque pour le midi ! Comme en Belgique ;
  • Souper               voilà le bon mot pour le dîner ;
  • Breuvage           boisson ;
  • Pogner               attraper ;
  • Lumière             feux de circulation. Vous l’entendrez certainement si vous passez votre permis de conduire au Québec ;
  • Céduler              planifier. Exemple : céduler un rendez-vous. Cela vient du mot anglais « schedule » qui veut dire horaire ;
  • Tabarnak           contraction de « tabernacle » qui est le meuble qui abrite le ciboire contenant les hosties consacrées au cours de la messe. Au Québec, il est utilisé comme juron. Vous entendrez aussi « tabarnoush » ou encore « tabarwat » ;
  • Blonde                copine, petite amie. Sachez que même si votre copine est brune ou bien rousse, vous la présenterez tout de même comme étant votre « blonde ». Ce sont les subtilités de la langue québécoise ! ;
  • Joke                     plaisanterie. Il s’agit là du mot anglais ;
  • Chicane              chamaille, petite embrouille entre personnes ;
  • Bec                       bisou. Tu veux bien me faire un bec ? ;
  • Jaser                    papoter, discuter. Arrête donc de jaser ! ;
  • Niaiser                taquiner. Tu me niaises-tu ? qui veut dire : « tu plaisante ? tu n’es pas sérieux ? » ;
  • Chandail             pull ;
  • Cruser                draguer ;
  • Tuque                 bonnet ;
  • Gougounes      tongs ;
  • Pantoute           pas du tout ;
  • Beigne                beignet ;
  • Tanné                 en avoir marre. Je suis tannée de cette job ! (oui, « job » est un mot féminin chez les Québécois)

Vous l’aurez deviné, les expressions ne sont pas en reste, puisqu’il en existe un tas, tout aussi originales que surprenantes. Nous en citons quelques-unes :

  • Avoir des papillons dans l’estomac : avoir le trac. C’est une façon poétique d’exprimer son stress ;
  • La cerise sur le sundae : celle-là vous parle surement, puisqu’elle se rapproche étroitement de l’expression française « la cerise sur le gâteau ». Toutefois, nos amis québécois, plus proches géographiquement des Américains, ont opté pour le sundae plutôt que pour le gâteau ;
  • Pelleter par en avant : tout le monde connait la rudesse des hivers québécois et les quantités astronomiques de neige durant cette saison. Pelleter est utilisé pour désigner le fait de déneiger la rue à l’aide d’une pelle. Et lorsque vous pelletez vers l’avant, vous ne faites que vous rajouter du travail supplémentaire. Cette expression signifie donc bâcler un travail ;
  • Donner son 4% : congédier, licencier. Au Québec, quand un employeur désire remercier un employé, il se doit de lui donner 4% de son salaire annuel. D’où l’expression en question ;
  • Ça prend pas la tête de Papineau : se dit d’une chose facile à comprendre. Papineau était un politicien québécois célèbre réputé pour son intelligence ;
  • Avoir la chienne : avoir la flemme ou avoir peur. En France, ce serait : avoir la trouille, avoir les chocottes.

Des expressions typiquement québécoises, il y en a en masse. Et si vous vous trouvez en face d’un(e) habitant(e) du pays de l’érable et que ce dernier vous tutoie, ce n’est pas un manque de respect. C’est juste qu’au Québec, les gens tutoient très souvent, c’est culturel tout simplement.

Le double « tu »

Saviez-vous qu’au Québec le « tu » est aussi utilisé lorsqu’on pose une question ? Par exemple :

Ça se peut-tu ? Tu penses-tu ? Il vient-tu ?

Ici le « tu » n’a pas la fonction de pronom mais il est utilisé juste pour marquer la forme interrogative.

Si vous souhaitez en apprendre davantage et entendre parler québécois, je vous recommande fortement de regarder cette vidéo qui est très sympa et fort instructive !

Vous l’aurez compris, il est inutile de trop se poser de questions ou d’essayer de comprendre la langue québécoise, il faut juste l’accepter telle qu’elle est. Et si vous devez vivre ou séjourner un certain temps au Québec, savoir manier les expressions et les mots québécois fait partie de l’intégration.

Alors, êtes-vous prêt à tenir une conversation avec nos amis du Grand Nord ?

 Lamia. A

Pin It on Pinterest